A propos de l’affaire Bettencourt (suite)
La période estivale est peut être plus propice pour la réflexion et la lecture… Et puis comme le feuilleton Woerth-Bettencourt est difficile à suivre (et n’est pas terminé), je vous livre ci-dessous un très long article publié par Edwy Plenel, Président de Médiapart le 26 juillet 2010 sur son site.
Ce texte très dense pose des questions essentielles sur le rôle de la presse dans notre démocratie, le fonctionnement de la justice, la place de l’argent dans la vie politique et le fonctionnement de nos institutions. J’aurai l’occasion de revenir sur ce dernier point notamment qui nécessite de la part de la Gauche une véritable rupture, sans concession !
Pourquoi l’affaire Bettencourt est un révélateur national ?
« L’affaire Bettencourt, devenue l’affaire Woerth et cachant une affaire Sarkozy, est un révélateur de l’état de la France: de ses inégalités et de ses injustices sociales, de ses déséquilibres institutionnels et de ses régressions démocratiques, des abus d’un pouvoir présidentiel sans contrôle. Illustrant l’utilité démocratique d’une presse libre, elle souligne tout ce qui n’est plus supportable et tout ce qui devrait changer, demain. C’est pourquoi elle a, dès nos premières informations du 16 juin suscité cette passion publique qui est au ressort des vitalités républicaines: une haute curiosité, tissée de vertu politique, d’exigence sociale et d’espérance démocratique.
Quand une «affaire» née de révélations journalistique se transforme en feuilleton médiatique, ceux dont elle ébranle les habitudes et les conforts, voire les compromissions, finissent toujours par entonner le refrain des diversions: n’y aurait-il pas des sujets plus importants, plus graves, plus décisifs? Au sommet de l’Etat, la tentation existe même d’organiser et d’exploiter ces diversions, en se saisissant du tout-venant de l’actualité, hier l’insécurité à Grenoble ou Saint-Aignan, aujourd’hui le terrorisme après l’annonce de la mort d’un otage français au Sahel. La parade ne manque pas d’arguments: pendant que les révélations de l’affaire Bettencourt s’égrènent, la planète continue de tourner, avec ses crises, ses menaces et ses misères -- dont Mediapart continue, bien sûr, de rendre compte dans la mesure de ses moyens.
Mais le souci du monde ne saurait être l’alibi de l’aveuglement sur soi. Si l’affaire Bettencourt a, d’emblée, connu un tel impact dans l’opinion publique, c’est parce qu’elle est un révélateur national. Loin de se situer aux marges des grandes questions de l’heure, sociales et démocratiques pour l’essentiel, elle les renouvelle magistralement en mettant à nu des réalités qui dévoilent les impostures et les mensonges d’un tout petit monde oligarchique qui, par la faveur du pouvoir dont il abuse, s’approprie la richesse nationale à l’insu de ce plus grand nombre qui se nomme le peuple. Il y a une exceptionnelle pédagogie politique de l’affaire Bettencourt, et c’est bien pourquoi, en haut lieu, on a voulu et on ne cesse de vouloir l’étouffer afin de la classer sans suite.
Sortir vite du bourbier afghan !
Vous trouverez ci-dessous une note issue du site du journal « Le Monde diplomatique » sur la réalité quotidienne de la guerre en Afghanistan suite aux révélations du site Wikileaks.
Plus que jamais il est urgent d’en finir avec cette « guerre » absurde. Les troupes françaises doivent se retirer de ce bourbier dans lequel elles n’auraient jamais dû être engagées !
Rapports explosifs sur la guerre en Afghanistan
Une masse considérable de fichiers confidentiels de l’armée américaine vient d’être dévoilée, lundi 26 juillet, par le site Internet Wikileaks.org. Ces documents relatent, événement après événement, le quotidien d’une guerre entamée en octobre 2001 et d’une occupation qui n’en finit pas.
Fouiller l’ensemble des quelque 92 000 rapports d’incident divulgués constitue une tâche herculéenne. C’est pourquoi Le Monde diplomatique s’est associé à l’initiative d’Owni.fr visant à mettre à la disposition de tous un outil de consultation de ces rapports. Accessible directement en ligne, ce dispositif nommé « War Logs » permet au lecteur d’appréhender le jargon militaire dans lequel les événements sont décrits, d’effectuer des recherches dans l’ensemble des documents dévoilés, et d’ajouter des annotations. La base de données comprend déjà 75 000 documents et sera enrichie rapidement.
Les lecteurs qui le souhaitent peuvent exploiter cet outil pour, d’une part, se familiariser avec ces documents exceptionnels, et, d’autre part, participer -- avec les dizaines de personnes qui se sont déjà plongées dans ces fichiers -- à la mise à nu de la guerre d’Afghanistan. Le Monde diplomatique reviendra sur ces révélations.
Avant d’ouvrir ces données à tout le monde, Wikileaks s’est associé à trois journaux, leur offrant une période d’exclusivité qui leur a permis de travailler sur ces informations : The Guardian, The New York Times et Der Spiegel. Ces derniers proposent, chacun sur leur site, un premier aperçu de ces 200 000 pages de « journaux de bord de guerre » (d’où le titre, War Logs), qui donnent de la guerre en Afghanistan une image dévastatrice aussi bien pour les talibans que pour les occupants occidentaux, Etats-Unis en tête.
Très gros malaise !
Plus de 150 000 € pour un jet privé pour l’ancien secrétaire d’état à la coopération, 12 000 € de cigares pour un autre ex secrétaire d’état, plus de 10 000 € par mois pour une « mission » pour une ancienne ministre qui cumule avec une pension de retraite déjà bien conséquente, un ambitieux secrétaire d’état qui profite d’un voyage officiel à Londre pour récolter des dons auprès de gestionnaires de fonds spéculatifs pour financer son groupusculaire parti politique… (Liste hélas non exhaustive !)
Plus de 30 millions d’euros reversés à Mme Bettencourt au titre du bouclier fiscal, qu’elle restitue en partie (et en petite coupure !) à l’UMP et au fantomatique parti politique de M. Woerth ! Et on apprend que la 3e fortune de France a un taux d’imposition sur ces revenus inférieur à 6% par an (Le Monde 13 juillet 2010) !
Enveloppes, corruptions, collusions, avantages et suspicion… Révélations, démentis, plaintes, mensonges, gardes à vue, rebondissements… L’été va être chaud. La pitoyable intervention télévisée de Sarkozy le 12 juillet n’a rien réglé.
Malgré la crise, il y a de plus en plus de super-riches !
Mais qui peut croire que de telles fortunes peuvent être amassées indépendamment de la complaisance des politiques gouvernementales. Il a bien fallu supprimer les limites à l’enrichissement : libérer la finance, bouleverser les politiques fiscales, assurer par des marchés publics ou des privatisations des « niches » de profits faramineux.
Des finances communales pas si bien « gérées » que ça !
Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention, en tant que Président du groupe des élus « Saint-Michel-Gauche-Avenir« au Conseil municipal de Saint Michel sur Orge le 28 juin à propos du compte administratif 2009, document qui recense l’ensemble des recettes et dépenses effectivement réalisées par la commune.
« Nous ne partageons pas les analyses partielles et parfois polémiques du rapport.
Comme nous l’avons déjà dit l’année dernière, nous considérons que l’examen du compte administratif n’est pas une simple formalité comptable. Ce devrait être l’occasion d’un bilan et d’une évaluation de l’activité municipale pour assurer une gestion transparente et rigoureuse des finances publiques. Nous estimons que ce compte administratif devrait être accompagné d’un compte rendu de l’activité des services comme cela se pratique dans de nombreuses collectivités locales. Comme lors du précédent mandat, il aurait pu être présenté et étudié dans chaque commission, afin que les élus puissent analyser les coûts de fonctionnement dans chacun secteur et avoir des explications sur les importants reports ou annulations de crédits en investissement.
Nous nous contenterons de 5 remarques :
* L’excédent est particulièrement important : 3 264 020,06 €.
Ce n’est pas pour nous le signe d’une bonne maîtrise des finances communales. Au contraire, cet excédent met en évidence un mauvais choix et des carences.
En 2009, vous avez décidé (contrairement à vos promesses électorales) d’augmenter les taux des impôts locaux. Cette augmentation de 10% en moyenne pour chacun des contribuables a permis de récolter 928 542 € supplémentaires par rapport au compte administratif 2008 (soit 9,38% d’augmentation)… qui ne sont donc pas utilisés !!!



