Archive pour avril, 2008

Crises

Le Président de la République a tenté de démontrer la semaine dernière qu’il savait où il allait et qu’il maîtrisait, en partie, la situation. Hélas, pour lui, comme pour nous, les faits sont têtus. Quelques exemples:

- 7% des travailleurs français (1,74 millions) vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2005 (dernierchiffre connu) selon le rapport alarmant de l’observatoire national de la pauvreté publié le 29 avril.

- Le tarif du gaz pour les particuliers augmente de 5,5% le 1ermai. Cette hausse s’ajoute à celle de 4% déjà enregistrée le 1er janvier dernier.

- En mars, le nombre de chômeur inscrit à l’ANPE a augmenté de 0,4% (+ 8 200 personnes). Il y avait donc selon les statistiques « officielles » 1 905 000 demandeurs d’emploi fin mars.

Au delà de ces aspects franco-français, la crise globale du système économique capitaliste est bien là. Au moins quatre crises bousculent le système:

1) Le prix du baril de pétrole a plus que doublé depuis le début 2007. En un peu plus d’un an, il vient de passer de 58 à 120 dollars. Il était de 10,76 dollars en décembre 1998!

2) Les prix mondiaux de l’alimentation ont augmenté de plus de 40% en un an. Cette inflation considérable entame le pouvoir d’achat des consommateurs des pays riches et suscite des émeutes dans les pays pauvres.

3) Selon le Fonds monétaire international (FMI), les pertes des banques et des « investisseurs institutionnels » pourraient atteindre 945 milliards de dollars en 2007 !!!

4) L’impact de l’activité économique sur le climat et les ressources naturelles est de plus en plus négatif.  Avec l’industrialisation ultra rapide de la Chine, la pollution serait responsable de 750 000 décès prématurés. Le nombre de victimes de catastrophes climatiques (1 milliard de personnes quasi exclusivement dans les pays en voie de développement) a été deux fois plus élevé entre 2000 et 2004 que dans la première moitié des années 1980 !

Bref, 40 ans après mai 68, il faut plus que jamais changer le monde !

 

Intercommunalité

Le troisième tour des élections municipales s’est achevé avec l’élection de toutes les instances intercommunales: communautés de communes, communautés d’agglomération et communautés urbaines. Comme toujours, ce troisième tour a donné lieu à quelques « surprises », que ce soit à Marseille où à  Evry où la Gauche, théoriquement minoritaire en siège, a pu ainsi remporter la présidence . La vie démocratique des intercommunalités est parfois un peu déroutante.

Dans les années 70 et 80, l’intercommunalité fonctionnait presque exclusivement avec des Syndicats intercommunaux à vocation unique (SIVU) ou multiple (SIVOM). Beaucoup de communes n’étaient pas concernées, mais surtout, les compétences transférées étaient strictement limitées et encadrées.

Avec les incitations financières de la loi Chevènement en 1999, la donne a radicalement changé. Aujourd’hui, environ 90 % de la population de notre pays vit dans une intercomunalité. En même temps, leurs compétences s’élargissent (développement économique, aménagements, habitat, déchets, éclairage public, transports… ) avec à la fois l’apport de la taxe professionnelle et un système de dotation financière qui pousse à développer les transferts où à multiplier les mutualisations de services.

Pourtant deux gros défauts apparaissent de plus en plus criants:

En terme financier, tout d’abord. Il n’est pas sur que tous les regroupements se soient traduits par des économies d’échelle. Certes, des projets importants ont pu voir le jour, mais les coûts pour l’ensemble des collectivités n’ont pas été réduits et la pression sur les contribuables (les entreprises, comme les ménages) est souvent en hausse.

D’autre part le déficit démocratique est de plus en plus patent.  Aucune obligation de parité, la représentation de l’opposition est optionnelle, donc dans la plupart des cas fortement minorée, voir totalement exclue. Et puis les élections des exécutifs font apparaître de nombreux cumuls avec l’addition des indemnités qui vont avec.

Historiquement, la Gauche, le Parti socialiste en particulier, préconisait l’élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct. C’était certainement trop démocratique !

Hier, on avait timidement avancer l’idée qu’au minimum les futurs délégués soient signalés aux électeurs sur les listes qui se présentent aux municipales, afin que les citoyens sachent et comprennent qu’ils votent le même jour pour les deux. Trop transparent sans doute pour voir le jour !

Bref, je pense qu’il n’est pas bon que davantage de pouvoirs pour certains élus conduise généralement à davantage d’opacité pour les citoyens.
 

Socialisme

La direction nationale du Parti socialiste a décidé de soumettre au débat puis au vote des militants une nouvelle déclaration de principe et une modification des statuts, en préalable au Congrès, qui en novembre prochain arrêtera notre orientation politique.

J’avoue que dans un premier temps, j’ai plutôt trouvé cette idée bizarre dans la mesure où je pense qu’il est urgent que les socialistes cessent de se regarder le nombril et s’adressent d’abord à tous nos concitoyens qui s’interrogent et souffrent face à la politique que mène Sarkozy depuis près d’un an. Dans la période actuelle, au lieu d’annonces quasi-quotidiennes sur des positionnement tactiques pour savoir qui doit succéder à François Hollande à la tête du PS, j’aimerai entendre davantage les dirigeants du PS s’opposer à la politique de la droite et proposer d’autres solutions pour réduire le chômage, augmenter le pouvoir d’achat, prendre en charge les dépenses de santé, développer une politique éducative audacieuse, conforter les services publics ou assurer un véritable développement durable…

Bref, je souhaite qu’on fasse davantage de politique au quotidien en partant des situations concrètes des gens pour proposer des orientations et des solutions. Donc, engager un débat (théorique) sur ce qui fonde aujourd’hui la pensée socialiste en France, ne me semblait pas prioritaire. Et puis, je viens de lire l’avant projet. Et là je me dis qu’il faut s’en saisir, se l’approprier pour remettre au clair de nombreuses idées qui se sont fracassées face à la pensée unique au seul service du libéralisme.

(Lire la suite…)

Pétition

Je vous invite à lire et à signer la pétition ci-dessous

Le service public est notre richesse,

Mobilisons-nous !

150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, une crise du logement sans précédent depuis les années 1950, des inégalités qui se creusent de façon dramatique, des enjeux environnementaux colossaux, le défi démographique, l’innovation et la croissance à la traîne… Dans un tel contexte, chercher à accroître l’efficacité de l’action publique, c’est mieux mettre en œuvre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cela exige que la satisfaction des besoins essentiels soit reconnue comme un droit fondamental. Cela implique le choix d’une société solidaire, la maîtrise des biens communs et l’activité efficace de Services publics indispensables au développement économique, social et culturel. Face à la montée des inégalités, ils sont garants de l’exercice effectif des droits.
(Lire la suite…)

Tâtonnement municipaux (suite)

La nouvelle majorité municipale a décidément bien du mal à trouver le bon rythme. Ce jeudi 17 avril, j’ai participé pendant 3 heures et demie à la première commission d’appel d’offre du mandat, alors que le Conseil municipal en soirée a été « expédié » en moins de deux heures!

Quelques éléments sur la commission d’appel d’offre

Nous avons ouvert les plis des offres pour le marché de restauration collective, suite à la décision précipité de l’ancien maire de fermer la cuisine centrale dès le mois d’août 2008 et de faire appel au secteur privé . Six sociétés, toutes filiales au sein des grands groupes bien connus qui se partagent le marché, ont répondu. Pas de grande surprise, les prix annoncés se situent dans les fourchettes (larges) qui avaient été mentionnées dans le cahier des charges. Reste maintenant à étudier le contenu exact de chacune des offres. Rendez-vous dans 3 semaines environ pour le choix du lauréat, puis une délibération lors du Conseil municipal du 2 juin !

(Lire la suite…)

« St Michel ma Ville »

Je viens de trouver dans ma boite aux lettres ce matin, le dernier numéro de « St Michel ma Ville ».

Bon je passe vite sur la « une » avec le photo du nouveau maire et de ses 9 adjoints (5 d’entre eux sont déjà très crispés!). Ma principale critique vient du décalage de sa distribution. En effet la page 2 est consacrée au carnaval d’hier et l’agenda en page 18 commence par les activités du 11 avril. Ainsi, j’ai raté vendredi la soirée débat du Comité catholique contre la faim sur les « modes de consommation et de développement: quels enjeux pour demain ? ». Sujet complètement dans l’actualité ce week-end après les émeutes à Haïti, en Egypte, au Mozambique, aux Philippines, en Côte d’Ivoire et au Bengladesh, pour ne citer que les principaux pays touchés. Depuis juin 2007, le coût des produits alimentaires a augmenté de 55% en moyenne à travers le monde, pour des causes aussi diverses que la course aux biocarburants, la spéculation financière ou les changements climatiques. Cette hausse des prix alimentaires, au delà des effets sur notre pouvoir d’achat en France depuis 6 mois, va avoir de terribles conséquences pour la planète toute entière. Dominique Stauss-Khan, que j’avais un peu oublié comme directeur du Fonds Monétaire International (FMI), évoquait samedi le sort de « milliers de personnes qui vont mourir de la faim. Ce qui entraînera des cassures dans l’environnement économique et parfois la guerre ».

(Lire la suite…)

Quoi de neuf ?

 » Quoi de neuf ? », telle est la principale question qu’on me pose à chaque rencontre. Tiens, hier soir encore, j’étais au carnaval de la Halte garderie avec ma femme et mes deux filles. « Bonjour, M. Berland…, comment ça va ?…. Et alors quoi de neuf à la mairie ? « 

Bon d’abord, tout va (presque) bien, comme on dit ! Le « presque » concerne des aspects professionnels privés que je ne traite pas publiquement sur ce blog, même si bien sûr, parfois, il peut y avoir un mélange des genres avec mes engagements politiques.

Et puis, il faut bien tordre le coup à une nouvelle petite rumeur. J’habite Saint-Michel avec ma famille depuis une dizaine d’années, j’aime ma ville, donc j’y reste et je vais continuer à m’y impliquer ! Désolé pour les quelques  personnes hargneuses à mon égard, qui « rêvent » de me voir partir, comme si, dans cette ville pour y vivre et y militer, il fallait disposer d’un passeport spécifique!

(Lire la suite…)

Austérité ou réforme ?

Depuis vendredi, il y a comme un nouveau « flottement » au sein du pouvoir en matière de politique économique. Les 176 pages du document présenté par Nicolas Sarkozy concernant la « révision générale des politiques publiques » (RGPP) entretiennent le plus grand flou sur une démarche sensée fondée sur la transparence vis à vis des citoyens. Il est en effet très difficile de faire le lien entre les objectifs généraux affichés pour une plus grande rigueur dans l’utilisation des fonds publics (qui est contre ?) et l’inventaire à la Prévert des mesures annoncées par la suite.

La droite se vante d’engager un train de réforme exceptionnelle. Elle oublie un peu vite qu’elle a vidé les caisses de l’Etat l’été dernier avec les 14 milliards de cadeaux fiscaux en direction des plus riches et que quelques mois plus tard, comme pour donner l’exemple de la rigueur dans les dépenses publiques, Sarkozy s’octroyait une très importante augmentation de ses indemnités…

Bref, soyons clair. La droite nous prépare une cure d’austérité sans précédent. Comme elle a vidé les caisses, elle va une nouvelle fois diminuer le nombre des fonctionnaires. Et pour que cela soit efficace, elle va une nouvelle fois agir là ou au contraire les moyens demeurent insuffisants: la santé, l’éducation, la sécurité et la justice !!!

En fin de compte, les salariés, les retraités et les collectivités locales vont une nouvelle fois être appelés à se serrer la ceinture pour boucher les trous.

Conseil municipal du 3 avril 2008

Deuxième séance du conseil municipal pour ce nouveau mandat, le 3 avril. Comme nous, le public assez nombreux, a assisté à une séance assez paradoxale.

Passons d’abord sur les tatonnements du nouveau maire pour exercer la présidence de la séance, visiblement agacé par une sono défectueuse, mais aussi sans doute par nos interventions, car notre groupe avait préparé sérieusement, comme il se doit, cette séance !

Passons également sur l’étrange disposition des membres de l’exécutif autour de la table, le 2e adjoint relégué sur le côté et le 6e adjoint propulsé à côté du maire, tel un « commissaire politique » très virulent à notre égard !

Passons enfin sur la nécessité de faire référence soit au règlement intérieur encore en vigueur, soit au code général des collectivité territoriales pour justifier nos demandes sur tel ou tel point du fonctionnement !

L’essentiel, et le plus inquiétant, est dans l’apparition brutale du  sectarisme de la nouvelle majorité de droite et de plusieurs signes d’une étrange collusion entre cette droite et le groupe des élus issus de la liste conduite par l’ancien maire, aujourd’hui démissionnaire.

(Lire la suite…)

Régression sociale !!!

Le Parlement est actuellement saisit d’un projet de loi dit de « modernisation du contrat de travail » faisant suite à des discussions engagées  et actées par quatre organisations syndicales.

Contrairement à la présentation faite dans les « grands » médias, il ne s’agit pas d’une loi  de modernisation mais d’un texte de régression sociale pour tous les salariés.

Je vous fais suivre l’analyse que vient d’en faire mon ami Gérard Filoche, inspecteur du travail. Prenez quelques minutes pour lire ce document qui démontre comment la droite va encore accelérer avec ce texte le détricotage du code du travail.
 

(Lire la suite…)